Premier jet

Mon dernier article de blog remonte à l’époque de Skyblog, c’est dire comme l’exercice est à dépoussiérer. On est en 2026 et bizarrement, commencer un blog a beaucoup plus de sens que tout ce que je peux faire en ce moment sur les réseaux sociaux.

D’abord la sérénité d’une page blanche qui est mienne : pas d’algorithme à contenter, pas de format imposé, l’exercice est libre ou presque, tant que Squarespace ne fait pas faillite… Il n y a personne ou presque à l’autre bout des mots, sinon moi. Une sorte de petit carnet Moleskine qu’on annote et qu’on laisse lire par quiconque en a la curiosité. “Tiens, lis la page 37, j’étais inspiré”, “Non, saute cette page, c’est juste des croquis sans logique”, …

Ensuite l’envie d’archiver, de réorganiser les idées, d’imposer le temps lent et long pour faire décanter ce qui flotte un peu trop dans le quotidien. Encore un écran, certes, mais celui-ci ne me donne pas la pâtée passivement, c’est à moi de poser mes conditions et d’imposer mon rythme.

Et puis écrire, du moins pour moi, c’est du silence. Je suis un être monotâche, condamné à d’abord descendre sous le seuil des 60dB avant de pouvoir faire remonter quelques saillies. Quand j’édite des photos c’est généralement en musique, quand je bricole c’est en podcast, le ménage en documentaires audio, la conduite en playlists favorites. Ou est le silence dans tout ça, si ce n’est confondu avec l’ennui que l’on fuit un peu au quotidien, parfois malgré soi, par réflexe.

Par contre, on ne se berce pas d’illusions ici : J’ai vu trop d’initiatives (les miennes et d’autres) qui embrayent pleine d’enthousiasme pour partir sur une disparition brute et nette au premier virage. Et c’est pas grave en fait.

Tiens, je peux même terminer mon premier billet comme ça, personne ne se plaindra.

Du moins pas moi…